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texte de Bernard Marcadé sur Alice Anderson
"The Dolls’ Day," 2008

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Alice Anderson, "The Dolls’ Day"

Des contes sans morale, sans princesse ni prince charmant,

Les films, les objets, les dessins et les installations d’Alice Anderson sont à comprendre comme des contes qui, comme nous le savons, ne sont généralement pas pour les enfants, même si ces derniers y sont le plus souvent convoqués (l’artiste joue à cet égard implicitement très bien, à une voyelle près, de son patronyme, comme de son prénom aux accents carrolliens). Les récits qu’elle met en scène ont un caractère autobiographique (« A travers mon travail, je cherche à dire quelque chose de mon passé » ), mais ils ne renvoient jamais à une situation anecdotiquement et prosaïquement liée à sa situation personnelle. Les contes d’Alice A. sont des constructions (ou des reconstructions) imaginaires plus que de reconstitutions personnelles, en dépit du fait que l’artiste (ou son double en poupée) soit le personnage central de ses pièces récentes, comme dans le film qu’elle présente à Marrakech The Doll’sDay, réalisé en 2008. Il ne s’agit en aucune manière de contes de fées, même si les figures féminines sont omniprésentes dans cette oeuvre. « Mon travail n’a rien à voir avec le côté « girly » de la fée. Mes contes sont comme ceux d’Angela Carter ou de Marina Warner, sans morale, sans princesse ni prince charmant . »
Tout, à première vue, semble pourtant lisse et charmant dans le monde d’Alice A. L’artiste n’use en effet jamais du code « gore » et expressionniste pour raconter ses histoires. A l’instar des artistes japonais contemporains adeptes du style kawaii (mignon et adorable), elle aime que ces images soient séduisantes et ravissantes, à la limite du régressif. « Dans mon travail, comme dans celui de [Chiho] Aoshima par exemple, les images sont harmonieuses, colorées, attirantes. Mais sous cette apparence légère surgit un monde effrayant . »
Le monde d’Alice Anderson est en effet à la fois beau et cruel, gracieux et terrifiant, d’autant plus que ses contes restent le plus souvent dans le cadre traditionnel des relations familiales. (Dans The Doll’s Day, ce théâtre familial se trouve allégorisé et amplifié par la tour qui devient un véritable personnage). Car la terreur qui surgit ici a pour territoire d’élection les rapports ambigus des enfants, et singulièrement des filles, avec leurs parents. C’est l’affrontement avec la mère qui constitue la matrice de la plupart des films d’Alice A. Les figures féminines ne se trouvent néanmoins pas être ici, à la différence des contes traditionnels, les victimes de l’ordre patriarcal. « Mes héroïnes sont des femmes puissantes. Elles ne sont jamais passives. Elles sont déterminées, combatives. Elles sont les reines de toutes les situations. Tout le contraire des héroïnes de Walt Disney par exemple. Dans ce type de contes, les femmes sont des projections du désir masculin. Dans les miens, les hommes sont les projections du désir féminin ! »
De L’idiote de Lisseville (2005) a Bluebeard (2007), en passant par Souffler n’est pas jouer (2005) et La femme qui se vit disparaître (2006), les vidéos de l’artiste jouent toutes sur les codes et conventions des univers fantastique, symboliste voire préraphaélite tels qu’ils se perpétuent dans le cinéma d’Hitchcock, Terence Fisher ou David Lynch . Mais plus encore que le cinéma, le monde d’Alice A. paraît se situer dans la grande filiation de cette Morale du joujou dont Baudelaire nous a montré qu’elle est constitutive de notre imaginaire d’adulte, mais aussi de ce Théâtre de marionnettes que Kleist a considéré comme allégorique de notre monde. Car si Alice Anderson fait jouer à son effigie en cire un rôle aussi décisif que le sien propre, les protagonistes de ses contes sont, eux-mêmes, traités comme des marionnettes. « Depuis mes premiers films, je m’applique à faire jouer mes acteurs comme des poupées ou comme des automates. […] Si je leur demande de jouer de cette manière, c’est aussi pour atténuer la gravité des mots qu’ils prononcent. Mes histoires viennent de l’enfance, où les situations sont extrêmement violentes, les charges émotionnelles incroyablement fortes. La placidité des acteurs, leur froideur, permet de rendre supportable ce qui ne l’est pas* . »


* Entretien cité d’Alice Anderson avec Jason Farago

Bernard Marcadé est critique d’art, organisateur d’expositions indépendant et professeur d’esthétique et d’histoire de l’art à l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy. Il est l’auteur de : Éloge du mauvais esprit (La Différence, 1986), Féminin-Masculin, Le sexe de l’art (Gallimard-Electa, 1995), Pierre et Gilles, l’œuvre complète 1976-1996, Taschen, 1997 (avec Dan Cameron), Il n’y a pas de second degré, remarques sur la figure de l’artiste au XXe siècle (Éditions Jacqueline Chambon, 1999), Isidore Ducasse (Seghers, 2002), Marcel Duchamp, une vie à crédit (Flammarion, 2007), Fabrice Hyber (Flammarion, 2009). Il a organisé : Histoires de Sculpture (Château des ducs d’Epernon, Cadillac, Gironde/ Musée d’art moderne de Villeneuve d’Ascq / Musée de Nantes, 1984-1985) ; Luxe, Calme et Volupté, Aspects of French Art 1966-1986 (Vancouver Art Gallery, 1986) ; Affinités sélectives (programme des expositions d’art contemporain du Palais des Beaux-Arts de l’année 1990, Bruxelles) ; L’excès & le retrait (participation française de la XXIe Biennale Internationale de Sao Paulo, 1991) ; L’Autre à Montevideo-Hommage à Isidore Ducasse, Museo nacional de las bellas artes, Montevideo, 1993 ; Féminin-Masculin, Le sexe de l’art, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, 1995 (avec Marie-Laure Bernadac) ; Becoming (97 Kwangju Biennale, Kwangju, 1997) ; MixMax (Artsonje Center, Séoul, février 2004 (avec Sung Won Kim) ; Je ne crois pas aux fantômes, mais j’en ai peur, « La Force de l’art »( Grand Palais, Paris, 2006) ; On dirait le Sud, Cartographies sentimentales et documentaires (C.R.A.C, Sète, juillet 2007)

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